La Commission nationale de la jeunesse Ginna Dogon a exprimé, ce mercredi 2 septembre, sa profonde « consternation face à la recrudescence des attaques meurtrières » visant, depuis plusieurs mois, plusieurs villages dogon de la région de Bandiagara.
Dans un communiqué signé par son président, M. Bocary Guindo, la jeunesse de Ginna Dogon condamne les attaques perpétrées contre des localités de la région de Bandiagara, longtemps considérée comme l’un des épicentres de la violence dans le pays.
Après une période d’accalmie, les violences se multiplient ces derniers mois, selon la jeunesse de Ginna Dogon. En effet, plusieurs alertes faisant état d’attaques ont récemment été lancées par les communautés de la région.
Sans donner de précisions sur les localités concernées, le communiqué indique : « Ces attaques barbares, qui ont causé des pertes en vies humaines, fait des blessés, provoqué le déplacement massif de populations, parfois de villages entiers, ainsi que le pillage et la destruction de biens, plongent une fois de plus des familles entières dans la détresse et l’insécurité. »
Condamnant avec la plus grande fermeté ces actes terroristes et criminels, la jeunesse de Ginna Dogon affirme que ces attaques constituent de graves atteintes au droit fondamental des populations à vivre en paix sur leurs terres.
« Nous constatons avec une inquiétude particulière que la finalité de ces violences semble désormais être de contraindre les populations à se soumettre à leurs exigences et à adhérer à leurs accords et diktats. Une telle entreprise d’asservissement des populations est inacceptable », s’indigne la jeunesse de Ginna Dogon.
La situation est d’autant plus dramatique qu’elle intervient en pleine campagne agricole, alerte-t-elle, avant de prévenir : « Chaque village abandonné, chaque famille déplacée et chaque champ devenu inaccessible compromet davantage la sécurité alimentaire et économique de ces populations, déjà durement éprouvées par des années de crise. »
La jeunesse de Ginna Dogon déplore également que les alertes lancées par les populations lors de certaines attaques ne donnent pas toujours lieu à une intervention suffisamment rapide et efficace. Cette situation, commente-t-elle, nourrit légitimement « un profond sentiment d’abandon » au sein des communautés.
Face à cette situation, elle interpelle le gouvernement de la Transition afin qu’il renforce, de manière urgente et durable, la protection des populations civiles dans les zones les plus exposées et qu’il assure une réponse rapide et effective aux alertes et aux menaces signalées par les populations.
Par ailleurs, tout en sollicitant une assistance humanitaire urgente en faveur des familles victimes et déplacées, elle appelle les autorités à organiser, dans les meilleurs délais, le retour sécurisé et digne des populations déplacées dans leurs villages.
« Le Pays dogon a trop payé le prix de cette crise. Ses populations ont trop souffert. Elles ne demandent ni privilège ni faveur. Elles demandent simplement le droit de vivre, de cultiver leurs terres, de protéger leurs familles et de transmettre leur patrimoine en paix », soutient-elle dans son communiqué.
La jeunesse de Ginna Dogon appelle donc les plus hautes autorités de l’État à faire de la protection effective des populations du Pays dogon une urgence nationale et à prendre des mesures à la hauteur de la gravité de la situation.
« Le Pays dogon ne doit pas être abandonné. Protéger les populations est un devoir républicain », conclut le communiqué.









