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Ben le cerveau :  »Je n’ai menacé personne »

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Adama Diarra, dit « Ben le cerveau », a comparu ce lundi 28 juillet devant la chambre criminelle de la Cour d’appel de Bamako. Accusé d’avoir proféré des menaces et des injures envers les autorités par le biais d’un système d’information, il a nié les faits devant le président de la chambre.

Vêtu d’un maillot des Aigles du Mali et d’un pantalon bleu, le militant du mouvement Yerewolo debout sur les remparts est apparu visiblement amaigri. Ce procès, attendu par ses partisans et membres de son mouvement, a porté sur la principale pièce à conviction : un enregistrement téléphonique.

Dans l’élément audio, il s’entretient avec deux camarades, « Ticherie » et « Wadidié Founé », également membres du mouvement. Le prévenu à la barre reconnaît avoir eu cette conversation privée, cependant, affirme-t-il, ne s’être adressé à personne en particulier et ne pas avoir proféré d’injures ni de menaces dirigées contre les autorités. 

« Je n’ai injurié personne. Nulle part je n’ai menacé qui que ce soit », a-t-il déclaré à la cour. En dépit de cette précision, le leader du mouvement Yerewolo debout sur les remparts a présenté ses excuses aux autorités, tout en leur réitérant son soutien.

Selon lui, certains éléments de l’audio ont été générés par l’Intelligence artificielle lui attribuant des propos. Sa défense conteste également la validité des preuves et dénonce une interception illicite des communications privées et un montage. Elle estime les éléments de l’accusation « illégaux et déloyaux »

Dans l’enregistrement, il évoque la rupture possible avec les autorités si celles-ci ne l’écoutent pas : « S’ils ne nous écoutent pas, on va rompre avec elles », explique-t-il, en précisant que ces paroles étaient tenues sous le coup de la colère face à la répression. Il a aussi critiqué la gouvernance de la transition dirigée par Bah N’Daw, notamment le renforcement des liens avec la France.

Les faits remontent à janvier 2023, à la suite des préparatifs d’une manifestation prévue le 20 janvier. Selon Adama Diarra, l’initiative avait d’abord reçu un soutien des autorités de l’époque, avant qu’elles demandent d’y surseoir à la veille, le 19 janvier. Mais le prévenu décide de maintenir l’organisation de la manifestation. 

Plusieurs mois après ce désaccord, il est alors interpellé le 4 septembre 2023 et maintenu en détention, malgré les médiations et l’appel des organisations de la société civile. 

Alors que la défense plaide pour l’acquittement pur et simple de son client, en revanche, le ministère public appelle la Cour à la condamnation du prévenu à 10 ans et au paiement d’un franc symbolique. Le délibéré dans cette affaire est fixé au 3 août 2026. 

Jidiata Maïga

Le Jalon

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