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Ibrahim Traoré : «On n’a pas le droit à l’échec»

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Le capitaine Ibrahim Traoré, président de la transition du Burkina Faso, a reconnu, dans la nuit de ce dimanche, des avancées dans la mise en œuvre de la dynamique confédérale de l’Alliance des Etats du Sahel en trois ans. Cependant, refusant tout triomphalisme, il regrette des retards dans l’opérationnalisation effective de la force conjointe et des entraves à la libre circulation des populations de l’AES. 

Le ton était martial. Invité de ‘’90 minutes face à la presse’’, le président du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, sans détour,  s’est exprimé sur la situation politique et sécuritaire de son pays. Mais pas seulement. En sa qualité du président en exercice du Collège des chefs de l’Alliance des Etats du Sahel, il a présenté le bilan des trois ans de cette organisation créée par son pays, le Mali et le Niger en septembre 2023 à Bamako après avoir claqué la porte de la CEDEAO.  

Une scission regrettable, a affirmé le président Traoré, parce que certains dirigeants de la CEDEAO qu’il qualifie « d’esclaves de salon » ont accepté les consignes de la France pour s’en prendre à des pays frères. Trois ans après, l’AES se renforce, indique-t-il; cependant, il refuse toute autosatisfaction. 

«On peut toujours faire mieux. Je ne dirais pas que les fruits sont à la hauteur des espérances, non. On doit aller plus vite, faire beaucoup mieux les choses», reconnaît-il, tout en rappelant les défis, les attentes de la population et l’adversité qui  sont suffisants importants pour se contenter du bilan des trois ans de la confédération. Sans minimiser les acquis, il estime qu’il a ‘’du chemin et du travail à faire’’. 

Ces efforts à consentir sont plus palpables dans l’opérationnalisation effective de la force conjointe de l’AES qui doit constituer à ses débuts 5000 hommes. A ce jour, explique le président du Faso, son architecture militaire n’est pas encore totalement opérationnelle. 

« Ça prend du temps et ça peut se comprendre. Ça peut se comprendre vu que nos armées sont en restructuration, en reconstruction. Peut-être que c’est pour ça que ça traîne un peu. Mais j’espère que ça viendra», a-t-il expliqué. 

En outre, il a déploré les tracasseries aux frontières des trois pays, dont se plaignent les populations. « On ne peut même pas parler d’AES s’il n’y a pas d’intégration. Si quelqu’un ne peut pas quitter Kayes avec la garantie AES, rouler, traverser le Burkina, aller jusqu’à Agadez, comme il veut, c’est compliqué. […] Il faut qu’on aille très vite dans ce domaine», a-t-il martelé. 

Face à la problématique, le Burkina a préparé des textes et un protocole additionnel qui ont été proposés au Mali et au Niger. Parmi les mesures prévues, figure la mise en place d’une structure de lutte contre les tracasseries qui a déjà commencé à travailler au Burkina, avec « près d’une soixantaine de policiers déjà aux arrêts ». Il attend désormais la validation du Mali et du Niger pour rendre effective ladite mesure. Car, au sein du collège des chefs d’Etat, souligne-t-il, « la décision, c’est à l’unanimité, ce n’est pas à la majorité. Donc, c’est à trois. »

Si sur ces points, des retards sont constatés, en revanche la Banque confédérale d’investissement et de développement (BCID-AES) dotée d’un capital de 500 milliards de FCFA, lancée à Bamako en décembre 2025, a commencé ses prélèvements. Déjà des fonds sont disponibles, a affirmé le président en exercice de l’AES, sans plus de détails. « Maintenant, c’est le choix des grands projets. Ça demande l’alignement parfait de tous les trois pays», a ajouté le président Traoré. 

Face à l’adversité et les tentatives de faire échouer la dynamique en cours au sein de l’AES, le président du Faso affirme qu’ils n’ont pas droit à l’échec. Leur boussole doit être les aspirations des peuples et agir en conséquence.