INPS : le Bureau du Vérificateur Général met à jour près de 16 milliards de FCFA d’irrégularités financières

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Le rapport de vérification financière du Bureau du Vérificateur Général (BVG), portant sur la gestion de l’Institut National de Prévoyance Sociale entre 2021 et 2025, dresse un constat accablant : primes indues, dépenses sans contrôle, faux diplômes et conflits d’intérêts jalonnent la gestion de l’institution chargée de la sécurité sociale des travailleurs maliens.

Dans son rapport rendu public le 31 août 2026, le Vérificateur Général du Mali dévoile l’ampleur des dérives constatées à l’Institut National de Prévoyance Sociale (INPS) durant les exercices 2021 à 2025, période au cours de laquelle l’institution a engrangé plus de 1 250 milliards de FCFA de recettes pour près de 1 183 milliards de dépenses.

Le montant total des irrégularités financières relevées s’élève à 15,99 milliards de FCFA, dont seulement 64,4 millions ont été régularisés en cours de mission, laissant un reliquat de plus de 15,9 milliards de FCFA non couvert.

Des primes et gratifications hors de contrôle

Le poste le plus lourd concerne l’octroi de primes de rendement indues au personnel, pour un montant total de 5,57 milliards de FCFA. Viennent ensuite des gratifications indues versées pour 2,48 milliards de FCFA, ainsi que des subventions jugées irrégulières pour 3,13 milliards de FCFA, accordées à des activités non prévues par la réglementation.

Le rapport révèle également que la Direction Générale et l’Agent Comptable ont payé plus de 2,1 milliards de FCFA de dépenses sans le visa préalable du Délégué du Contrôle Financier, une garantie légale censée sécuriser l’engagement des fonds publics. Des ristournes pour comptable, censées ne bénéficier qu’aux agents des services financiers, ont été indûment versées au Directeur Général et à son adjoint, pour un total de 699 millions de FCFA.

Autres dérives pointées : des pensions de retraite comportant des majorations indues (344 millions de FCFA), des prestations facturées mais jamais exécutées (557 millions de FCFA) dans les directions régionales de Kayes, Koulikoro et Sikasso, et des retenues d’Assurance Maladie Obligatoire sur les pensions non intégralement reversées à la Canam (128 millions de FCFA).

Le directeur général lui-même n’est pas épargné. Il s’est octroyé une dotation supplémentaire de 44 000 litres de carburant en plus de son quota réglementaire, et a payé au Délégué du contrôle financier des avantages non prévus par les textes, pour près de 167 millions de FCFA.

Recrutements douteux et faux diplômes

Sur le plan administratif, l’enquête révèle que l’INPS a recruté près de 3 000 agents entre 2023 et 2025 sans plan de recrutement autorisé par le ministère de tutelle, ni approbation du Conseil d’Administration, souvent sans test écrit ni entretien. Plus grave, 138 agents recrutés ont fourni des diplômes que les établissements censés les avoir délivrés n’ont pas authentifiés.

Le rapport pointe aussi un conflit d’intérêts : le commissaire aux comptes de l’INPS a également obtenu, par entente directe, deux marchés d’audit distincts, cumulant ainsi des fonctions incompatibles selon la réglementation de l’Ordre des experts comptables.

Face à ces constats, le Vérificateur Général a transmis l’ensemble de ces faits au Président de la Section des comptes de la Cour Suprême et au Procureur de la République financier, tout en formulant des recommandations pour restaurer la rigueur budgétaire et la transparence dans la gestion de cet établissement public, pilier de la protection sociale au Mali.