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Covid19: le Mali utilise encore l’hydroxychloroquine et l’azithromycine

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Déconseillées par une vaste étude scientifique, publiée cette semaine en Angleterre, la chloroquine, l’hydroxychloroquine et l’azythromycine sont toujours utilisées dans le traitement du coronavirus au Mali. Le comité scientifique compte se réunir bientôt pour discuter de la décision à prendre.

«Notre analyse à grande échelle, internationale et dans le monde réel soutient l’absence d’un avantage clinique de la chloroquine et de l’hydroxychloroquine et indique des dommages potentiels chez les patients hospitalisés avec COVID-19.» C’est la conclusion d’une étude publiée dans la revue scientifique «The Lancet». Elle relance ainsi le débat autour de la molécule défendue bec et ongles par le médecin français, Didier Raoult, et le président américain Donald Trump, dans le traitement du coronavirus. Une pratique contestée par certains scientifiques, toutefois beaucoup de pays avaient fini par autoriser sa prescription contre le coronavirus.  Cela, malgré les réticences de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et plusieurs spécialistes auxquels l’histoire semble finalement donner raison. Car l’étude de la revue scientifique anglaise «The Lancet», la plus importante réalisée depuis le début de la pandémie, menée dans 671 hôpitaux à travers le monde, remet en cause l’efficacité de l’hydroxychloroquine et de l’azithromycine. Deux molécules utilisées au Mali et dans d’autres pays dans le traitement de la Covid19.

L’étude a concerné: «63 315 (65,9%) patients d’Amérique du Nord, 16 574 (17,3%) d’Europe, 7555 (7,9%) d’Asie, 4402 (4,6%) d’Afrique, 3577 ( 3 · 7%) d’Amérique du Sud, et 609 (0,6%) d’Australie».

Et sa conclusion ne laisse presque aucun doute sur la dangerosité de ces deux médicaments. «En résumé, cette étude multinationale(…) a révélé que l’utilisation d’un régime contenant de l’hydroxychloroquine ou de la chloroquine augmente le risque d’arythmies ventriculaires et de décès chez les patients atteints de COVID-19», concluent les chercheurs dans leur rapport.

48heures après la publication de l’étude, l’OMS a suspendu ses essais cliniques avec l’hydroxychloroquine. Mais le Mali, à l’instar d’autres pays, continue encore à l’utiliser. «Nous devons tenir une réunion très bientôt sur le sujet pour décider s’il faut continuer ou non à utiliser l’hydrocloroquine et l’azithromycine. L’OMS a arrêté les essais cliniques de ces molécules, mais elle n’a pas encore instruit à ses pays membres d’arrêter leur utilisation. C’est important de faire cette différence», a précisé le Pr. Seydou Doumbia, président du comité scientifique de lutte contre la Covid19 au Mali.

Faut-il le rappeler, sur la base des rumeurs beaucoup de Maliens s’étaient rués sur ce médicament l’utilisant comme moyen de prévention à l’image du président américain.

L’infectiologue, Pr. Soungalo Dao, avait à l’époque mis en garde contre d’éventuels dangers de la chloroquine utilisée sans prescription.

Lassina Niangaly

Major de la 3ème Promotion de la Formation en Alternance de l'Ecole supérieure de journalisme de Lille à Bamako en 2018, Lassina NIANGALY, 38 ans, est journaliste depuis août 2012 et Formateur aux techniques de vérification pour plusieurs organisations d'appui aux médias dont DW Akadémie. Entre 2020 et 2023 il a piloté deux projets médias au Mali et Niger au compte de CFI, Agence Française de développement média. Titulaire d'une maîtrise en Histoire-Archéologie et d'un Bac+5 en Histoire et Géographie, Lassina est à la base professeur d'enseignement secondaire.

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