Bakary Togola en prison depuis le 13 septembre 2019. © Photo crédit.
/

Bakary Togola : 261 voix à sauver pour sortir de prison

4 mins de lecture

Placé sous mandat de dépôt depuis le 13 septembre 2019, Bakary Togola est plus que jamais proche de la libération. En cas de validation des résultats provisoires du second tour à Bougouni, l’ancien président de l’Assemblée permanente de la chambre de l’agriculture pourrait voir la suspension de sa détention et même la poursuite.

Des juristes sont unanimes sur la libération de l’ancien président de l’APCAM, candidat sur la liste du parti présidentiel à Bougouni. Bakary Togola et ses colistiers sont en avance sur la liste adverse selon les résultats provisoires du second tour des législatives à Bougouni.

Selon un procureur contacté par lejalon.com, le cas Bakary Togola est inédit au Mali. « M. Togola pourrait recouvrir la liberté s’il est déclaré vainqueur par la Cour constitutionnelle », affirme le magistrat qui requiert l’anonymat. Toutefois, précise-t-il, sa libération ne sera pas automatique. « Il faut que l’Assemblée nationale prenne une résolution pour demander cela. Constitutionnellement, la justice n’aura pas le choix », tranche le magistrat. Le procureur de la République s’appuie sur le dernier alinéa de l’article 62 de la Constitution : « La détention ou la poursuite d’un membre de l’Assemblée nationale est suspendue si l’Assemblé nationale le requiert ».  

Me Cheick Oumar Konaré, avocat à la cour aborde également dans le sens que le procureur de République. Pour lui, la libération de Bakary Togola n’est qu’une question de jours. « L’Assemblée nationale va demander sa libération sans doute la fin de sa détention », insiste-t-il. « Et l’affaire sera close » conclut Me Konaré.

Bougouni a entendu son cri de détresse

Quelques jours avant la clôture des campagnes, Bakary Togola, depuis sa cellule à la Maison centrale d’arrêt de Bamako, avait supplié la population de Bougouni à l’aider à sortir de prison. « Si un gros objet tombe dans un puits, c’est un autre gros objet qui peut le faire sortir. Vos voix sont indispensables aujourd’hui pour que je puisse espérer sortir de cette situation. Je vous prie donc de voter massivement pour notre liste », avait-il plaidé.  Une demande largement entendue et acceptée par les électeurs de sa circonscription qui l’ont placé à la tête au 2e tour des législatives. Mais rien n’est encore sûr à ce stade puisque l’écart entre la liste Bakary Togola et la liste soutenue par Mamadou dit Blaise Sangaré, est trop juste. Selon les résultats provisoires complets, l’alliance RPM-URD-MPM devance celle de CDS-Adema-Codem avec 261 voix.

D’ores et déjà Mamadou Sangaré dit Blaise promet de saisir la Cour Constitutionnelle pour l’annulation des résultats de quelques bureaux de vote où il soupçonne des cas de fraude au profit de la liste de Bakary Togola. D’ailleurs, des agents électoraux ont été interpellés et placés en garde à vue par les forces de l’ordre, selon des sources locales.    

Bakary Togola doit croiser les doigts pour la validation des résultats provisoires afin d’espérer une éventuelle libération avec bien-sûr la complicité des autres nouveaux députés.

Maliki Diallo

Maliki Diallo

Diplômé de l'École supérieure de journalisme de Lille et de l'Université de Lille, Maliki Diallo est journaliste depuis 2012 au sein du Groupe Renouveau. Il a travaillé notamment pour le quotidien l'Indicateur du Renouveau, Renouveau TV et le site aumali.net. Âgé de 29 ans, il a remporté, le 29 décembre 2018, le 2e prix du journalisme sensible au genre et, le 29 novembre 2019, le 1er prix de la prévention de l'extrémisme violent au Sahel et dans le bassin du lac Tchad à Ouagadougou.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.