Dans son dernier rapport, publié le 5 août, le Réseau de systèmes d’alerte précoce contre la famine (FEWS NET) maintient les régions de Kidal et de Ménaka en phase d’urgence alimentaire et alerte sur une baisse des productions agricoles attendues en octobre.
Selon le rapport, les attaques menées le 4 juillet par la coalition du Front de libération de l’Azawad (FLA) et le Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), ainsi que la poursuite des affrontements et des frappes aériennes depuis le mois de mai, continuent de restreindre les déplacements dans le pays.
« À Kidal, les marchés fonctionnent au ralenti et les activités économiques demeurent fortement réduites. Selon les informateurs clés, plus de 50% de la population s’est déplacée vers des zones plus sûres, notamment dans les régions de Gao et de Ménaka, ou vers l’Algérie », rapporte le document.
Ailleurs dans le pays, les attaques continuent également de perturber les flux commerciaux et les mouvements de population. Si cette situation affecte l’approvisionnement et l’accès aux denrées alimentaires, les régions de Kidal et de Ménaka sont particulièrement touchées.
FEWS NET indique toutefois qu’une réouverture timide des boutiques est observée à Kidal, permettant un approvisionnement très limité des ménages restés sur place. « Selon les informateurs clés présents à Kidal, une réouverture timide des boutiques dans la ville est observée et permet un approvisionnement très limité des ménages restés sur place », précise le rapport.
À Kidal et à Ménaka, le prix des céréales a augmenté respectivement de 52% et de 32% en juin, par rapport à la moyenne des cinq dernières années.
Au-delà du contexte sécuritaire, la saison agricole 2026 s’annonce elle aussi difficile, alerte FEWS NET. L’organisation relève un cumul de pluies « inférieur à la moyenne » en juin et en juillet, aggravé par une mauvaise répartition des précipitations. Cette situation a contraint de nombreux agriculteurs à ressemer dans le centre et le sud du pays.
Combinés aux difficultés d’accès aux intrants agricoles et à l’insécurité, qui limite l’accès aux champs, ces facteurs ont entraîné une baisse de 13,2% des superficies cultivées au 20 juillet par rapport à la même période en 2025, selon les chiffres de la Direction nationale de l’agriculture cités dans le rapport.
« La baisse probable des superficies cultivées, les difficultés d’accès aux intrants et une pluviométrie défavorable réduiront localement les productions agricoles attendues en octobre 2026 », prévient FEWS NET.
Toutefois, les prévisions saisonnières laissent espérer des cumuls de pluie proches de la moyenne dans le sud du pays, ce qui pourrait limiter les conséquences dans cette zone.






