Le procureur de la République près le pôle judiciaire spécialisé dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée a annoncé, dans un communiqué lu vendredi 31 juillet à la télévision nationale, l’ouverture d’une enquête sur des accusations d’exécutions sommaires de militaires maliens capturés lors d’une embuscade survenue le 18 juillet dans la région de Gao.
Selon le communiqué du parquet, un convoi militaire malien qui se rendait à Anéfis serait tombé dans une embuscade près de Tabrichat, non loin de Bourem, dans la région de Gao.
« Au cours de cette embuscade, les groupes armés terroristes du FLA et du JNIM, sous la conduite du fils de Iyad Ag Aghali, auraient procédé à l’exécution sommaire de plusieurs soldats tombés entre leurs mains », précise le document.
Le procureur indique que ces faits, s’ils sont établis, « pourraient constituer des infractions d’association de malfaiteurs à visée terroriste, de financement du terrorisme, de crimes de guerre, de détention illégale d’armes et de munitions de guerre, ainsi que de complicité, prévues et réprimées par le Code pénal ».
À cet effet, il a annoncé avoir ordonné l’ouverture d’une enquête afin d’établir les circonstances exactes des faits et d’identifier les auteurs, co-auteurs et complices. Il appelle par ailleurs la population à apporter toute information utile aux services compétents.
L’ouverture de cette enquête intervient après un communiqué d’Amnesty International, publié le 29 juillet, affirmant disposer d’éléments sur l’exécution sommaire d’au moins 19 soldats maliens capturés lors de cette embuscade.
L’ONG de défense des droits de l’homme indique avoir analysé douze vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, dont certaines montreraient un groupe d’au moins 19 soldats maliens marchant dans le désert, les mains derrière la tête, en position de reddition, avant que d’autres images ne montrent des hommes armés ouvrant le feu sur des hommes au sol.
Auparavant, les Nations unies s’étaient saisies du dossier. Le 23 juillet, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) avait réclamé l’ouverture d’une enquête « approfondie et indépendante » sur les actes de torture et les meurtres présumés visant des dizaines de soldats maliens capturés par les groupes armés à Gao, rappelant que la mise à mort de personnes hors de combat constitue un crime de guerre au regard du droit international humanitaire.






