Mali : un Boeing 737 à 15,6 milliards de FCFA pour remplacer l’avion présidentiel immobilisé

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Le gouvernement de la transition malienne a acquis un nouvel avion présidentiel au coût de 15,6 milliards de francs CFA (environ 23,8 millions d’euros, soit près de 27 millions de dollars). L’appareil, un Boeing 737 entièrement modernisé, a été officiellement présenté le 29 juillet au journal télévisé de la chaîne nationale, quinze mois après l’immobilisation de l’ancien aéronef de commandement, endommagé lors de l’attaque terroriste du 17 septembre 2024 contre l’aéroport militaire de Bamako.

Depuis septembre 2024, les plus hautes autorités du Mali effectuaient leurs déplacements officiels à bord de vols affrétés ou d’avions de ligne. Ce jeudi 29 juillet, le gouvernement a annoncé l’acquisition d’un nouvel avion présidentiel. Le ministre de l’Économie et des Finances, le secrétaire général de la présidence et le coordinateur du groupement aérien de la présidence de la République sont revenus sur les raisons de cet achat, ses avantages financiers et ses caractéristiques techniques.

« Une excellente affaire pour l’Etat »

Pour Alousséni Sanou, ministre de l’Économie et des Finances, l’acquisition de cet aéronef représente une opération économiquement avantageuse pour le Mali. Sans préciser le montant exact du décaissement net, le ministre d’État a affirmé que des dépenses considérables ont été enregistrées pendant quinze mois à l’occasion des déplacements importants des délégations d’État.

« Si nous arrivons à acquérir cet aéronef à 15 milliards 600 millions, tout en rappelant les économies de 9 à 10 milliards qui sont réalisées sur l’ancien, et tout en sachant également que cela est plus confortable par rapport à voyager dans des avions de ligne, nous ne pouvons que nous réjouir en tout cas de l’excellente affaire que nous venons de réaliser », s’est félicité le patron de l’Hôtel des Finances.

Comparativement à l’ancien appareil, qui avait coûté environ 20 milliards de FCFA entre 2014 et 2015, le gouvernement assure avoir réalisé une économie substantielle avec ce nouvel avion.

Un Boeing 737 modernisé pour plus de confort et de sécurité

Le Boeing 737-72T a été entièrement modifié pour offrir plus de confort et de sécurité. Ses performances techniques dépassent également celles de l’ancien appareil. Selon le colonel-major Lassana Togola, coordinateur du groupement aérien de la présidence de la République, toute l’avionique a été complètement changée et rénovée, une grande partie du panneau supérieur a été modifiée et l’intérieur de la cabine a été également repensé.

« Nous avons une particularité avec cet avion : c’est que l’avion a une endurance, qu’on appelle autonomie, de 11 500 km. Ça nous fait à peu près 14 heures de vol. Ce qui veut dire que, par exemple, si on veut aller à Moscou, c’est un vol direct. Si on veut aller en Chine, il suffit juste de se poser à une position intermédiaire, prendre un peu de carburant et continuer directement sur la Chine. C’est vraiment l’avantage de cet avion-là, qui permet aux différentes délégations de pouvoir aller rapidement faire leur mission et puis revenir », a soutenu le colonel-major Togola.

6 à 10 milliards récupérés sur l’ancien appareil

Près de deux ans après les attaques terroristes du 17 septembre 2024, les autorités parlent pour la première fois de l’état de l’ancien avion présidentiel. Ce jour-là, la capitale s’était réveillée avec des attaques à l’École de la gendarmerie et au pavillon présidentiel de l’aéroport international président Modibo Keïta Sénou. Dans une vidéo de propagande publiée le même jour par le JNIM, on voyait un combattant mettre le feu au moteur de l’appareil. Mais aucune information n’avait été donnée sur l’état de l’avion acheté sous le président Ibrahim Boubacar Keïta.

À l’occasion de la présentation du nouvel avion, le secrétaire général de la présidence de la République a donné des précisions. « L’avion présidentiel a été sérieusement endommagé et, à la suite des inspections, il a été détecté des failles au niveau de la structure et au niveau d’un moteur, ce qui rendait vraiment l’avion présidentiel immobile et difficile à réparer. Par la suite, ces inspections ont permis de voir l’étendue des dégâts causés », a-t-il révélé.

L’appareil endommagé ne volera plus, mais l’État en a tiré profit, selon le ministre de l’Économie et des Finances. « L’assurance nous a payés dans le cadre de cette attaque, parce que l’avion présidentiel était assuré. Même si c’est un fait de terrorisme, nous avons pu récolter 6 milliards de francs CFA qui ont été versés dans les caisses du Trésor. Actuellement, les discussions sont très avancées pour que les pièces de rechange et les accessoires de l’ancien aéronef puissent apporter entre 3 et 4 milliards de francs CFA. Donc, bon an, mal an, nous économisons déjà 9 à 10 milliards », a indiqué Alousséni Sanou