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Concertation sur l’IA : cap sur une adoption responsable et contextualisée au Mali

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ImmersIA, évoluant dans la vulgarisation de l’Intelligence artificielle en Afrique, a restitué ce jeudi 12 février 2026 les résultats de ces concertations sur l’adoption d’une intelligence artificielle (IA) éthique et inclusive au Mali à des responsables de l’administration publique. La finalité est d’aboutir à une feuille de route nationale pour une adoption responsable et contextualisée de l’IA au Mali.

La rencontre présidée par le secrétaire général de l’ADPD, Harouna KEITA, visait à soumettre les résultats de la concertation nationale aux responsables politiques et administratifs en vue d’une stratégie nationale structurée.

«Depuis plusieurs mois, nous avons engagé avec nos partenaires terrains un travail méthodique d’écoute, d’analyse et de co-construction autour de quatre secteurs stratégiques pour notre pays, à savoir la santé, l’agriculture, l’éducation et le développement économique», a rappelé le secrétaire général de l’ImmersIA, Ramata N’DIAYE, indiquant que leur approche était guidée par la question suivante : Comment l’IA peut-elle répondre aux priorités réelles du Mali ?

Pour elle, l’intelligence artificielle ne doit ni creuser les inégalités ni être subie. Bien au contraire, insiste-t-elle, l’IA doit être pensée, encadrée et mise au service de notre souveraineté numérique et de notre développement local.

« Nous sommes convaincus que le Mali a l’opportunité de construire une trajectoire responsable et adaptée à son contexte, mais cela nécessite une coordination forte entre nos institutions, le secteur privé, la société civile et les partenaires techniques», est-elle persuadée.

Les discussions qui ont porté sur des domaines essentiels au développement du pays ont fait ressortir un double constat, a relevé Ramata N’DIAYE, en restituant les données des résultats. Il y ressort, d’une part, que le Mali a un « fort potentiel de transformation en matière de productivité agricole, d’optimisation des services de santé, de modernisation du système éducatif et de compétitivité de nos entreprises ». Cependant ces atouts sont menacés, d’autre part, par des « défis structurels majeurs liés aux infrastructures numériques, à la gouvernance des données, au déficit de compétences et au cadre réglementaire », a rapporté le responsable de l’ImmersIA.

Face aux nombreux défis, souligne Ramata N’DIAYE, cinq axes stratégiques ont été identifiés, à savoir : le renforcement des compétences, la structuration des données et des infrastructures, le financement de l’innovation, l’inclusion économique et territoriale et enfin un cadre éthique et réglementaire adapté.

De son côté, le secrétaire général de l’ADPD, a réaffirmé que la mission de leur structure «n’est pas de freiner l’innovation », mais, insiste-t-il, de l’accompagner, de l’encadrer, de veiller à ce qu’elle se développe dans le respect des droits des citoyens et des intérêts stratégiques du pays.

Pour lui, l’intelligence artificielle ne doit pas importer « comme un modèle clé en main, mais construite à partir de nos réalités, de nos priorités, de nos valeurs. »

Dans la feuille de route, il est annoncé la mise en œuvre de projets pilotes dans les quatre secteurs identifiés et des activités d’envergure nationale d’ici à 2030.