Les pays colonisés par la France sont-ils vraiment champions en coup d’Etat?

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Des internautes maliens soutiennent que les anciennes colonies françaises enregistrent plus de coups d’Etat que les autres. Une étude menée par deux chercheurs américains prouve le contraire.

Les anciennes colonies françaises détiendraient le record de putsch. C’est l’idée défendue par certains internautes au Mali. Chacun y va de son commentaire.

 » Parce que tout simplement nous sommes dans un système imposé par la France où l’élite décide à la place du peuple,(Pyramide renversée) contrairement aux pays anglophones où le peuple décide et impose sa décision« , soutient l’un d’entre eux.

Un autre souligne renchérit : « il y a plus d’injustice dans les pays francophones que dans les pays anglophones ».

C’est quoi un coup d’Etat ?

Jonathan Powell et Clayton Thyne deux politologues et chercheurs américains, dans leur base de données intitulé Coups dans le monde, 1950 à aujourd’hui, définissent le coup d’Etat comme « des tentatives illégales et manifestes de l’armée ou d’autres élites au sein de l’appareil d’État pour renverser l’exécutif en place ».

Sur la base de leurs données qui concernent le monde entier, la Radio Canada s’est penchée sur la situation des coups d’Etat en Afrique dans cet article publié en 2018 et mis à jour le 19 janvier 2019. La lecture de sa cartographie prouve que les pays colonisés par la France ne sont pas à la tête du peloton en matière de coup d’Etat de 1950 à maintenant.

Aucun des quatre premiers pays qui ont enregistré le plus grand nombre de tentative de coups d’Etat n’est une ancienne colonie française. Sur les dix premiers également, seulement quatre sont des colonies françaises. Voici les dix pays en tête du classement :

Soudan : 14 tentatives, Burundi : 11, Ghana : 10, Sierra Leone : 10, Nigéria : 8, Burkina Faso 8, Bénin : 8, Guinée Bisseau : 8 , Togo : 7, Mauritanie : 7. Nous vous proposons la cartographie de la Radio Canada. Il suffit de placer votre curseur sur la carte pour lire les informations par pays.

Cette vérification a été faite avec l’appui de l’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique au Mali et de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).

Maliki Diallo

Diplômé de l'École supérieure de journalisme de Lille et de l'Université de Lille, Maliki Diallo est journaliste depuis 2012 au sein du Groupe Renouveau. Il a travaillé notamment pour le quotidien l'Indicateur du Renouveau, Renouveau TV et le site aumali.net. Âgé de 29 ans, il a remporté, le 29 décembre 2018, le 2e prix du journalisme sensible au genre et, le 29 novembre 2019, le 1er prix de la prévention de l'extrémisme violent au Sahel et dans le bassin du lac Tchad à Ouagadougou.

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