Ecole nationale de police du Mali.

Affaire de la recrue à la police: la photo d’une innocente détournée

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La photo d’une Malienne vivant au Sénégal est partagée sur les réseaux sociaux depuis le mardi 21 avril 2020. Présentée comme Hawa Haïdara, l’élève sous-officier de la police qui a accouché le 19 avril dernier en formation, elle a reçu des mots très durs en commentaires sur les réseaux sociaux.

Un énième scandale éclabousse la police malienne depuis le dimanche 19 avril. En effet, une recrue en pleine formation a accouché d’un garçon. Son nom: Hawa Haïdara. Elle est de la promotion 2018-2019. Sur la toile des communiqués se succèdent. L’affaire suscite une avalanche de réactions sur les réseaux sociaux. Dans la foulée, la photo d’une dame est publiée le 21 avril. Elle est largement partagée par des internautes et reprise par certains médias prétextant qu’il s’agit du sous-officier de police Hawa Haïdara qui a accouché au cours de la formation. Il n’en est rien.

Il s’agit en réalité de la photo de Penda Sissoko, une malienne vivant au Sénégal. Avec l’aide du Groupe Kojugu Kelebaa, un média qui traite les faits divers et de justice lejalon.com a pu entrer en contact avec celle qu’on peut désormais appeler la victime collatérale de l’affaire « Hawa Haïdara » qui lève le voile sur les pratiques de corruption et de favoritisme à la police malienne.

L’histoire de la photo   

Selon Penda, sa photo a été prise le 16 mars 2020, au baptême de la fille de son ami au Sénégal. « Nous avons pris beaucoup de photos ce jour-là. J’étais tellement heureuse car qu’ils ont donné mon nom à l’enfant », se souvient-elle. Ici vous pouvez voir trois autres photos d’elle prises le même jour dans le même le salon.

La jeune malienne a été désagréablement surprise le 21 avril « par de nombreux appels téléphoniques de ses proches au Mali » suite à la publication d’une de ses photos sur le réseau social Facebook. « Certains m’ont envoyé des captures d’écran par WhatsApp », témoigne Penda Sissoko.

La jeune dame explique qu’elle n’a jamais publié sa photo sur Facebook. Un réseau qu’elle n’utilisait plus. « J’ai supprimé mon compte Facebook depuis un an. A cause de cette affaire, j’ai récupéré mon compte pour voir ce que les internautes disent à propos de ma photo. Les commentaires sont insupportables. J’ai passé deux nuits sans pouvoir fermer les yeux. Je pleure chaque fois que je reçois un appel du Mali ou je tombe sur la photo sur Facebook. Je suis toujours sous le choc », déplore la dame Sissoko.   

Comment la photo s’est-elle retrouvée sur Facebook ?

 Au cours de l’entretien téléphonique, Penda Sissoko affirme avoir mis la photo sur son statut WtatsApp et aussi dans un groupe WhatsApp pour informer ses amis et sa famille qu’elle a eu un homonyme au Sénégal. « C’est sûr que quelqu’un de ce groupe a publié la photo sur Facebook avant qu’elle ne soit utilisée pour d’autres fins », regrette Penda Sissoko.   

Maliki Diallo

Diplômé de l'École supérieure de journalisme de Lille et de l'Université de Lille, Maliki Diallo est journaliste depuis 2012 au sein du Groupe Renouveau. Il a travaillé notamment pour le quotidien l'Indicateur du Renouveau, Renouveau TV et le site aumali.net. Âgé de 29 ans, il a remporté, le 29 décembre 2018, le 2e prix du journalisme sensible au genre et, le 29 novembre 2019, le 1er prix de la prévention de l'extrémisme violent au Sahel et dans le bassin du lac Tchad à Ouagadougou.

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