Italie : des billets de banque contaminés par le Covid-19?

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Une photo sortie de son contexte est largement diffusée sur les groupes WhatsApp au Mali. Accompagnée d’un message vocal, l’image est présentée comme des billets de banque contaminés par le coronavirus et jetés dans les rues en Italie. Mali-Check a vérifié pour vous.

« Allahu akbar, Allahu akbar, Allahu akbar, (Dieu est Grand)! Monsieur Dembélé, voici les rues italiennes pleines de billets de banque. C’est l’argent de ceux qui sont morts du coronavirus. L’argent est jeté parce qu’il est infecté par le virus », explique le vocal (en Bambara, la langue la plus parlée au Mali) qui accompagne la photo l’image dans les groupes WhatsApp.

L’auteur de l’audio va plus loin en invoquant ce qui semble selon lui, un verset coranique, pour appuyer ses affirmations.  » Allah (Dieu en islam) a dit dans le Coran qu’à l’approche de la fin du monde, les gens vont renoncer à leur trésor. Ce moment est arrivé. voici l’argent dans les rues en Italie que tout le monde refuse de prendre. Car si tu touches, tu vas attraper le coronavirus », indique le vocal.

Infox

C’est une photo sortie de son contexte. En effet, une recherche inversée nous a permis de retrouver l’image originale. Il s’agit d’une photo prise en 2019 au Venezuela en pleine crise sociale, politique et économique. Selon le meduim.com, la valeur du Bolivarsde la (monnaie du pays) connaissait une baisse drastique. La même photo est utilisée dans l’article du site web. La légende nous apprend qu’il s’agit du pillage d’une banque à Merida, une ville de Venezuela. « Mais les bolivars valent si peu qu’ils ont laissé le papier-monnaie sans valeur », indique-t-elle.

En plus de Meuim.com, la photo illustre beaucoup d’articles de presse sur l’inflation au Venezuela.

Nous avons retrouvé également la même photo sur Facebook et Twitter qui confirment le pillage d’une banque à Merida.

La photo n’a aucun lien avec l’Italie et surtout avec le Coronavirus.

Maliki Diallo

Diplômé de l'École supérieure de journalisme de Lille et de l'Université de Lille, Maliki Diallo est journaliste depuis 2012 au sein du Groupe Renouveau. Il a travaillé notamment pour le quotidien l'Indicateur du Renouveau, Renouveau TV et le site aumali.net. Âgé de 29 ans, il a remporté, le 29 décembre 2018, le 2e prix du journalisme sensible au genre et, le 29 novembre 2019, le 1er prix de la prévention de l'extrémisme violent au Sahel et dans le bassin du lac Tchad à Ouagadougou.

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