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Lutte traditionnelle : des jeunes Maliens rêvent de dépasser Yékini

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Deux lutteurs de la ligue de Ségou ont séduit le public à la 16e édition du championnat national de lutte traditionnelle, le 9 février. Il s’agit de Seydou Arama dit Waraba et Mahamadou Sanogo dit Biton. Le premier ne doit sa performance qu’à sa force physique. Le second est un adepte de la superstition. Ils ont un rêve en commun : dépasser Yékini, l’ancien international Sénégalais.   

Âgé de 32 ans, Seydou Arama dit Waraba (lion) compte sur sa force physique et sa maitrise des techniques de combat.  Le jeune de 90 kg est le champion des 33 villages de la Commune Timissa dans le cercle de Tominian.

« J’ai commencé le combat en 2006. Dieu merci, je suis champion. Depuis quatre ans je rafle toutes les compétitions. J’ai remporté plusieurs compétitions des localités environnantes aussi », se réjouit-il.  

Depuis quelques années, Seydou Arama dit Waraba lutte pour la ligue régionale de Ségou au championnat national. Cette année il a remporté six combats sur sept.

« Nous avons perdu le championnat. Nous allons bien préparer la prochaine édition. Notre souhait c’est d’être champion à Bamako. On le fera l’année prochaine », promet Waraba.    

L’espoir de la région de Ségou, Seydou Arama dit Waraba rêve de hisser le drapeau malien à l’international.   

« Nous voulons atteindre le niveau des grands comme Balla Guèye et Yékini pour que le monde entier puisse parler de nous un jour. Nous travaillons dans ce sens », affirme le jeune lutteur.   

Contrairement à Seydou, Mahamadou Sanogo dit Biton compte plus sur les gri-gris. Avant chaque combat, le natif de Tassilima fait des incantations avec une queue de bœuf en main. Des secrets superstitieux hérités de son père, un ancien lutteur. La lutte pour lui, c’est une histoire de famille.

« Mon père a été champion, je suis champion, mon petit frère est également champion de sa catégorie. Mon fils sera champion tout comme mon petit fils », raconte-t-il. Et il n’a pas que ses muscles pour se battre. Mahamadou croit aux forces surnaturelles. « Les gris-gris sont des héritages. Certaines personnes ne croient pas à ces trucs, mais des grands lutteurs comme Waraba et Samba peuvent témoigner l’efficacité des gris-gris. Si tu me bats à l’entrainement, mes gris-gris m’aideront à te battre sur la scène », soutient-il.        

Cependant, les gris-gris ne marchent à tous les coups. Le lutteur de 80 Kg a perdu deux combats sur sept à l’édition 2020 du championnat national de lutte traditionnelle.

La ligue de Ségou pour laquelle Seydou Arama et Mahamadou Sanogo luttent, a fini 3e du championnat national derrière Bamako et Mopti.  

Maliki Diallo

Diplômé de l'École supérieure de journalisme de Lille et de l'Université de Lille, Maliki Diallo est journaliste depuis 2012 au sein du Groupe Renouveau. Il a travaillé notamment pour le quotidien l'Indicateur du Renouveau, Renouveau TV et le site aumali.net. Âgé de 29 ans, il a remporté, le 29 décembre 2018, le 2e prix du journalisme sensible au genre et, le 29 novembre 2019, le 1er prix de la prévention de l'extrémisme violent au Sahel et dans le bassin du lac Tchad à Ouagadougou.

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