Aminata Sakiliba à la cérémonie des possédés chez elle à Banakabougou - Bamako- Mali. © Maliki Diallo.
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Aminata Sakiliba : le pont entre les djinns et des bamakois

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Tous les mardis, sa cérémonie des possédés draine une foule immense. Dominée par les djinns depuis à l’enfance, Aminata Sakiliba et autres adeptes prédisent aux visiteurs leur avenir. Des sacrifices sont dictés pour transformer les malheurs en bonheurs.

En face de l’hôtel Appart City à Banankabougou en Commune VI de Bamako. Plusieurs motos garées et un bélier blanc attaché devant une porte. C’est la maison d’Aminata Sakiliba. Dans la cour, un manguier au beau milieu. Un mur de quelques centimètres entoure des jarres autour du tronc de l’arbre. Elles sont pratiquement couvertes par le sang des bêtes immolées.

Teint clair, physique imposant, la cinquantaine est assise devant sa chambre sacrée. L’orchestre et des adeptes sont déjà sur place pour le traditionnel cérémonial des possédés d’un mardi soir. Les curieux se bousculent pour avoir des places confortables.

« J’organise cette cérémonie depuis 22 ans. C’est une sorte d’adoration qui fait plaisir à mon djinn », explique-t-elle. Plus d’une dizaine de possédés participent à la fête. La musique et la fumée de l’encens précipitent les djinns à prendre le contrôle de leur corps. « Quand les djinns sont là, les personnes réagissent autrement et se mettent à parler de la vie des gens », soutient-elle.

En plus de cette cérémonie hebdomadaire au cours de laquelle les visiteurs donnent de l’argent, la native de Tomora (région de Kayes) fait des consultations mystiques pour subvenir à ses charges. Veuve depuis 17 ans, l’ancienne commerçante a été contrainte de tout abandonner pour « servir les djinns ».

« J’ai résisté pendant des années. Ils m’ont rendu malade. J’ai perdu l’usage de mon corps pendant des semaines. Je n’avais plus le choix », affirme-t-elle. « J’ai hérité les djinns de ma famille. Mon grand-père et mon arrière grand-père étaient des possédés. Notre famille a toujours eu un possédé », affirme Aminata Sakiliba.

Elle est très sollicitée dans la sous-région. Mais elle ne voyage jamais sans l’autorisation des djinns. Aminata s’est déjà rendue en Mauritanie, en Côte d’ivoire, au Sénégal, en Gambie et au Burkina-Faso pour des prestations mystiques.

Maliki Diallo

Maliki Diallo

Diplômé de l'École supérieure de journalisme de Lille et de l'Université de Lille, Maliki Diallo est journaliste depuis 2012 au sein du Groupe Renouveau. Il a travaillé notamment pour le quotidien l'Indicateur du Renouveau, Renouveau TV et le site aumali.net. Âgé de 29 ans, il a remporté, le 29 décembre 2018, le 2e prix du journalisme sensible au genre et, le 29 novembre 2019, le 1er prix de la prévention de l'extrémisme violent au Sahel et dans le bassin du lac Tchad à Ouagadougou.

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