L’ancien maire du district de Bamako, Adama Sangaré, a affirmé, ce mardi 14 octobre, avoir agi sur ordre du président Ibrahim Boubacar Keïta pour morceler des superficies de l’État au profit des groupes armés.
Inculpé pour des présumées infractions « d’atteinte aux biens publics, de faux et usage de faux… », Adama Sangaré a nié, devant les juges du Pôle national économique et financier, les faits qui lui sont reprochés.
Portant un boubou blanc, l’élu communal est apparu visiblement en bonne santé lors du deuxième jour de ce procès, qui a débuté par l’analyse des exceptions formulées par la défense. Elles ont toutes été rejetées.
À la barre, l’ancien maire du district de Bamako a déclaré avoir agi sur instruction verbale du président Ibrahim Boubacar Keïta. L’ordre portait sur le morcellement et l’attribution de parcelles au profit des membres des groupes armés, notamment la CMA, le GATIA, ainsi que la famille Installa.
À l’époque, le pays venait de signer un accord avec des groupes armés, après huit mois de pourparlers à Alger. L’opération s’est déroulée, selon l’inculpé, avec la bénédiction du Premier ministre, du ministre de l’Administration territoriale de l’époque et du service des domaines. Elle a ainsi permis l’installation de nombreux responsables des groupes armés à Bamako.
Les zones concernées par les opérations de lotissement, de morcellement et d’attribution ne relèvent pas, a affirmé l’ancien patron de l’hôtel de ville de Bamako, de la zone aéroportuaire de Bamako-Sénou, dont une grande partie est occupée illégalement.
Plus en détail, Adama Sangaré précise que l’opération ordonnée par feu Ibrahim Boubacar Keïta a concerné les zones de Faladié-Est, Sénou, Kalanba-Coura-Sud et Niamakoro-Diallobougou.






