Diop à l’ONU : les limites de la main tendue

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Le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop, a réitéré, ce lundi, à la tribune des Nations unies, la main tendue du gouvernement à ceux qui souhaitent rejoindre la République, tout en rappelant que la souveraineté du Mali n’est pas négociable.

Devant la 81e session de l’Assemblée générale de l’ONU, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, s’exprimant au nom du président Assimi Goïta, a évoqué les questions sécuritaires et les initiatives en faveur de la paix.

À la tête de la délégation malienne, le ministre Diop, reprenant les propos du chef de l’État tenus dans son discours à la nation à l’occasion du 66e anniversaire de l’indépendance du Mali, a réaffirmé la volonté du gouvernement de favoriser la paix. Celle-ci est davantage fragilisée depuis la reprise des hostilités entre les Forces armées maliennes et les groupes séparatistes, en 2024, alors que la MINUSMA rétrocédait ses emprises à l’État.

Ouvert au dialogue, conformément à la stratégie globale, intégrée et cohérente mise en œuvre pour la stabilité et la prospérité du pays, « l’État garde la main tendue à tous ceux qui sont prêts à déposer les armes et à rejoindre la République », a déclaré le ministre Diop.

Cette ouverture doit s’inscrire dans le respect des conclusions du dialogue intermalien, initié par le président Assimi GOÏTA après la dénonciation de l’Accord d’Alger, signé en 2015, ainsi que de la Charte nationale pour la paix et la réconciliation nationale. Élaborée en juillet 2025, cette Charte constitue le document de référence destiné à jeter les bases d’un Mali apaisé, uni et tourné vers l’avenir comme rappelé par le président Assimi Goïta.

« Déjà, des milliers d’ex-combattants qui remplissent les conditions ont soit rejoint les rangs de nos forces de défense et de sécurité, soit intégré des fonctions civiles », a-t-il assuré, avant de rappeler les limites de ce dialogue : « La souveraineté du Mali nous est chère et n’est pas négociable. »

Sans détour, Abdoulaye Diop a renouvelé les accusations portées contre l’Ukraine, qui détournerait les appuis et les équipements reçus dans le cadre de sa guerre contre la Russie afin de renforcer les groupes armés au Sahel. Ces accusations s’appuient, d’après lui, sur les déclarations de responsables ukrainiens affichant un soutien assumé à certains groupes armés opérant dans la région.

« Voici un pays qui prétend défendre son intégrité territoriale et qui, sous d’autres cieux, notamment en Afrique et au Sahel, apporte un appui clair et assumé à des groupes terroristes et à d’autres groupes mafieux pour porter atteinte à l’intégrité territoriale de notre pays », a dénoncé le chef de la diplomatie.

À cet effet, il a exhorté la communauté internationale à ne plus garder un silence coupable face aux agissements de l’Ukraine.

« Nous ne sommes pas dupes. Nous savons que l’Ukraine n’est que la partie visible de l’iceberg de la déstabilisation de nos pays, afin de briser leur volonté d’émancipation d’une tutelle coloniale à jamais révolue », a-t-il affirmé.