La demande d’intervention militaire de la France au Mali en 2013 n’a pas été formulée par le président Ibrahim Boubacar Keita comme affirmé par le président Emmanuel Macron lors d’une interview accordée à l’occasion du sommet « Africa Forward » de Nairobi. L’affirmation de Macron est partiellement fausse.
En marge de la rencontre de Nairobi, le président français, Emmanuel Macron a accordé une interview à TV5 Monde, France 24 et RFI, ce mardi 12 mai 2026. Abordant la question de la crise sécuritaire au Mali et dans le Sahel, il a rappelé : « La France est venue en 2013 au Mali. C’est mon prédécesseur François Hollande qui a pris la décision à la demande du président Keita (NDLR Ibrahim Boubacar KEITA) pour éviter la partition du pays et l’avancée des groupes terroristes par le nord.»
Si l’opération militaire française, baptisée Opération Serval, a débuté officiellement le 11 janvier 2013, en revanche elle n’a pas été demandée sous la présidence d’Ibrahim Boubacar Keïta.
Contrairement à l’affirmation d’Emmanuel Macron, c’est le président de la transition, Dioncounda Traoré qui a sollicité l’appui militaire de la France face à l’avancée des groupes jihadistes en janvier 2013. Quelques semaines après le début des opérations, le président François Hollande s’est rendu au Mali où il a été accueilli par son homologue Dioncounda Traoré (archive de cette visite)
À cette époque, Ibrahim Boubacar Keïta n’occupait aucune fonction présidentielle. Il ne sera élu président de la République qu’en août 2013, soit plusieurs mois après le déclenchement de l’intervention française (archive article).
En janvier 2013, le Mali était sous une transition politique dirigée par Dioncounda Traoré. En clair, la demande a été formulée par ce dernier et non le président Ibrahim Boubacar Keita.







