En prélude à la Journée internationale de la fille, célébrée chaque 11 octobre, Plan International Mali a tenu sa traditionnelle conférence de presse, le mercredi 7, à son siège. À cette occasion, l’organisation a réitéré son appel à renforcer la lutte contre le mariage d’enfants, une pratique que les effets du changement climatique contribuent, selon elle, à aggraver.
La conférence était co-animée par la représentante de la Direction nationale de la Promotion de l’Enfant et de la Famille, Fanta N’Diaye, et le directeur général adjoint de Plan International Mali, Drissa Dabone. Elle s’est tenue en présence de plusieurs responsables œuvrant en faveur du respect des droits des filles, en particulier, et des enfants, en général.
L’objectif de cette conférence était de faire le point sur les avancées et les défis liés au respect des droits de la fille, menacés par plusieurs pratiques dénoncées par les conférenciers à la veille de la Journée internationale de la fille.
Célébrée chaque 11 octobre au plan mondial, la journée est placée cette année sous le thème « Mettre fin au mariage d’enfants et investir dans les droits des filles ». Au Mali, les organisations ont retenu : « Investir dans l’éducation et la culture pour une meilleure sensibilisation sur les conséquences du mariage d’enfants et la promotion des droits de la fille ».
Pour Plan International, ces deux idées sont indissociables, a soutenu son directeur adjoint, expliquant : « On ne peut investir dans les droits des filles tout en tolérant leur mariage avant l’âge adulte, et l’on ne mettra pas fin au mariage d’enfants sans investir réellement dans leur éducation, leur santé et leur protection. »
Le responsable de Plan International Mali, s’appuyant sur le rapport mondial sur la situation des filles, publié le 5 octobre 2026 et intitulé « Changeons son avenir », a dressé un catalogue de défis qui empêchent les filles de jouir de certains de leurs droits. Ce rapport, rapporté par M. Dabone, indique qu’environ 12 millions de filles sont mariées chaque année dans le monde avant l’âge de 18 ans.
Dans ce document, qui a couvert 52 pays, il ressort que 36% des personnes interrogées disent avoir constaté une hausse des mariages et unions avant 18 ans dans leur communauté, et que 76% affirment que les filles peinent à accéder à au moins un service de santé sexuelle et reproductive.
Le mariage d’enfants, a-t-il poursuivi, est entretenu et renforcé par plusieurs facteurs, dont la sécheresse et les inondations. En milieu rural, les risques sont les plus forts, car c’est là que les familles vivent directement de la perte de l’eau et du bétail.
« La sécheresse prolongée est le phénomène le plus régulièrement lié à la hausse du mariage d’enfants. Quand les récoltes, le bétail et les revenus disparaissent, des familles finissent par marier leur fille comme une stratégie de survie », a expliqué M. Dabone.
Selon lui, quand les greniers sont vides, certaines familles voient dans le mariage de leurs filles une bouche en moins à nourrir. La fille devient alors une variable d’ajustement à la crise.
Face à ces constats, Plan International Mali estime que l’école constitue le meilleur rempart contre le mariage d’enfants. Pour son directeur, chaque année d’études supplémentaire retarde l’âge du mariage et améliore la santé de la fille et de ses futurs enfants. C’est pourquoi, rappelle-t-il, la nécessité d’investir dans les filles est, selon lui, le placement le plus rentable qu’une nation puisse faire.
Alors que Plan mène ce plaidoyer, au Mali, 2 444 écoles restent fermées, impactant 733 200 enfants, en particulier les filles.






