Des Casques Bleus de la Minusma,
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MINUSMA : Mission de stabilisation ou de déstabilisation ?

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La Mission des Nations unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA) ferait tâche d’huile dans le retour de la paix et la concorde dans notre pays, tel qu’il lui a été assigné par le conseil de sécurité des Nations, si elle acceptait de soutenir les entreprises locales au détriment des firmes internationales et sous régionales. En tout cas, c’est regrettable voire inadmissible de constater qu’après plusieurs années d’engagement sur le territoire malien, cette mission continue d’importer ses biens de consommation et autres de l’étranger sous le regard complice de certaines autorités. Il nous revient à titre d’exemple que pas moins de 60 000 miches de pains congelées sont quotidiennement importées pour une valeur marchande de plus de 15 millions de francs CFA. A cela s’ajoute les quantités importantes de viande, de poissons et autres produits alimentaires produits en quantité et en qualité au Mali. Duperie quand tu nous tiens !

Faut-il recadrer désormais la MINUSMA pour qu’elle contribue efficacement à construire la paix au Mali ? La question est au bout des lèvres, depuis de nombreuses années, mais rien n’est fait concrètement pour relever le défi. Plusieurs experts de la question terroriste convergent à dire que la solution à la crise au Mali n’est pas exclusivement militaire. Par conséquent, il faut nécessairement une dose économique, en investissant localement pour créer de l’emploi et la richesse afin d’empêcher la jeunesse désœuvrée de tomber dans le piège mortel des terroristes.

« L’Inadaptation de la réponse apportée à la situation sécuritaire notamment la réponse militaire a montré ses limites. Les Déplacements internes massifs des populations entrainent la dislocation des familles et expose ainsi les enfants aux manques d’éducation et particulièrement les jeunes filles aux violences sexuelles et sexistes », plaidait la directrice exécutive de l’Association des Jeunes pour la Citoyenneté Active et la Démocratie (AJCAD) devant le conseil de sécurité de l’ONU, au lendemain des sanctions inhumaines imposées par la CEDEAO au Mali.

Au regard de ce constat, et dans la logique du nouveau Mali que les autorités de la transition ambitionnent de poser les jalons, il est plus que jamais temps de faire participer la MINUSMA à la création d’emploi et de la richesse. Cette Minusma, qui importe tous ses biens de consommation, des pays voisins : viande, pain congelé, produits maraichers, fruits et légumes, et même de l’eau…, doit changer de stratégie en associant les opérateurs économiques locaux dans son plan d’approvisionnement de ses hommes sur le terrain, pour le bonheur du Mali est des Maliens. En tout cas, jusque-là, l’espoir suscité par l’arrivée de cette MINUSMA chez nos opérateurs économiques s’est  vite transformé en désespoir. Puisque la mission Onusienne a opté d’importer ses besoins alimentaires et nutritionnels des pays de la sous-région au détriment des entreprises locales.

En privant les Maliens de cette opportunité, la MINUSMA ne contribue donc pas à la stabilisation du Mali sur le plan socio-économique, mais plutôt à sa déstabilisation. Et pour cause, il nous revient qu’elle importe quotidiennement plus de 60.000 miches congelées de pain pour une valeur de plus 15 millions de FCFA de la Côte d’Ivoire et du Sénégal. Qu’en est-il également de la valeur marchande de la viande, du poisson, de la volaille, des fruits et légumes, des boissons, qu’elle importe du Sénégal et d’autres pays de la sous-région ?

Paradoxalement, il se trouve que c’est le Mali qui fournit de la matière première à ces pays voisins où la MINUSMA s’approvisionne en produits comme la viande, la volaille. Mieux, notre pays dispose aujourd’hui d’opérateurs économiques engagés dans tous ces secteurs avec des infrastructures et équipements adaptés et des produits de bonne qualité répondant aux normes internationales requises. Pourquoi donc le gouvernement, via le ministère du Commerce et de l’Industrie, ne fait rien pour renverser cette tendance surtout en ces moments critiques de notre pays ?

Le département du Commerce, nous dit-on, est bien au courant de cette situation pour avoir été à plusieurs reprises saisi par les acteurs des filières concernées. En tout état de cause, il urge aujourd’hui, au regard de la situation exceptionnelle du pays, que les autorités de la transition se doivent de trouver un compromis avec la MINUSMA, voire exiger d’elle de traiter avec les opérateurs maliens.